L’église Saint-Martin de Vertou

L’église actuelle, quatrième église sur le même site

En 1875, démarrait la construction de l’église actuelle, Saint-Martin de Vertou, la quatrième sur le même site. La première, construite par Saint-Martin en 575 était dédiée à Saint-Jean-Baptiste. La seconde est commencée par les moines en 840 mais détruite en 843 lors des invasions normandes. La troisième, édifiée à partir de 945 et dotée de deux clochers, a la particularité d’être à la fois « abbatiale » côté Est, avec pour titulaire Saint-Martin de Vertou, et « paroissiale » côté Ouest, avec pour titulaire Saint-Blaise. Elle est brûlée le 17 septembre 1793 pendant la Révolution puis restaurée au début du XIXe siècle.

Le projet d’une quatrième église est arrêté en 1873. Les travaux commencent en 1875 par la démolition de l’église ancienne et par la bénédiction de la première pierre, le 8 août de la même année. Le choeur, le transept et le début de la nef (une rangée de piliers) sont bénis le 22 juillet 1877.

En janvier 1878, la décision est prise de continuer les travaux, « sauf pour le clocher qui sera seulement monté à la hauteur de la corniche de la grande nef » (livre des délibérations du conseil paroissial). En octobre, l’ensemble de l’église est réalisé. « Les murs sont à la hauteur, la charpente se pose, la couverture suit sans retard, la tour arrive à la hauteur de la corniche ».

En avril 1879, le conseil paroissial juge « qu’il est prudent, à tous égards, d’arrêter la tour au niveau du faîtage, et de terminer l’intérieur », et de remettre à plus tard l’achèvement du clocher. Ce clocher, tout le monde le veut, mais il faut de l’argent. Or, la paroisse en a dépensé beaucoup pour bâtir l’édifice. « Une quête serait inutile et odieuse, après cinq années sans récoltes ». Le projet est défini mais on attendra d’avoir les moyens financiers.

La flèche a été édifiée de juin à fin octobre 1888. Lors de sa séance de Quasimodo, le 28 avril 1889, le conseil paroissial prend acte de l’achèvement du clocher, en pierre de Saint-Savinien : « Le conseil est d’autant plus heureux de rendre hommage à M. L’architecte et à l’entrepreneur que leur oeuvre ne laisse rien à désirer, ni pour l’élégance des formes, ni pour la richesse de l’ornementation, et qu’elle fait l’admiration de tous ».

Les Vertaviens Bougoüin, architecte, et Cognet, entrepreneur, ainsi que de nombreux ouvriers, ont construit le monument le plus élevé de la commune. Une grande église pour 5 530 âmes : longueur totale 60 m, largeur 20 m, hauteur au transept 21,50m, hauteur du clocher 67 m, soit 74 m avec la croix et le paratonnerre, installé le 4 décembre 1912.

Pour François Mainguy, curé de Vertou de 1885 à 1904, ce clocher, « superbe pour le regard, il faut qu’il parle et qu’il réjouisse aussi les oreilles par les accents d’un magnifique carillon ». Le 1er juin 1890, l’évêque de Nantes, Mgr Jules Lecoq, bénit les cinq cloches fondues au Mans (Fonderie de Bollée au Mans Amédée Bollée fils aîné successeur) : Elodie-Françoise 2 904 kg (si b), Charlotte-Joséphine 1 995 kg (do), Ernestine-Jeanne 1 500 kg (ré), Henriette-Marie 1 348 kg (mi-b), Martine-Antonie 800 kg (fa). Elles ont été électrifiées en 1933. Sonnées dans l’ordre, ces cinq premières notes donnent l’air du cantique breton « Je crois au paradis ».

En avril 1891, l’achat d’une horloge est financé conjointement par la municipalité et le conseil paroissial. Début janvier 1916, pendant un office funèbre, le poids de l’horloge sonnant les quarts d’heure tombe dans la tribune, créant un début de panique.

La descente des cloches en 2008 : l’événement du siècle… et un beau cadeau de Noël

Dans le cadre des travaux du clocher de l’église Saint-Martin qui se sont déroulés en 2008-2009, le beffroi qui supporte les cinq cloches (8 547 kg) a été refait (en 1996, suiteà l’affaissement du beffroi, elles se sont arrêtées de sonner de mars à juin). Début octobre 2008, seules les trois plus petites cloches ont été descendues de par l’intérieur et déposées dans la nef. Les deux plux grosses ne pouvant passer par l’orifice du plancher posé après leur mise en service.

C’est la première fois depuis 1890, date de leur installation, que les cloches sont descendues. « Un cadeau de Noël unique et exceptionnel car cela n’est jamais arrivé, et ne se reproduira plus pour nous » soulignait l’architecte de patrimoine Pierluigi Pericolo car « nous travaillons dans une perspective de 100 ans ». Alors durant plusieurs mois, elles n’ont plus réjoui les oreilles des paroissiens mais ont ébloui leurs yeux. Les Vertaviens ont ainsi pu les admirer sous toutes leurs coutures et lire ce qui est gravé, notamment le nom de leurs parrains et marraines.

L’an de N.S. 1890 S.S. Léon XIII pape

« J’ai été bénite pour l’église de Vertou par Mgr Jules LECOQ évêque de Nantes et nommée ERNESTINE JEANNE par mon parrain Mr Ernest HAENTJENS prop. De l’Ebeaupin et par ma marraine Dame Marie Elisabeth du Bochet de la Porte prop. de la Bretonnière.»Mr François MAINGUY étant curé et Mr Henri DELAHAYE maire de Vertou.

« GLORIA IN EXCELSIS DEO » Ré

L’an de N.S. 1890 S.S. Léon XIII pape

« J’ai été bénite pour l’église de Vertou par Mgr Jules LECOQ évêque de Nantes et nommée MARTINE ANTONIE par mes parrains Mrs Pierre DOUSSIN curé de Teillé, Auguste DEVIN ancien curé des Aubin, Pierre MARTIN curé de St Similien de Nantes, Pierre LÉBEAUPIN curé de Joué sur Erdre, Aristide BUREAU vicaire à St Similien, Auguste BUREAU jésuite missionnaire en Chine, François MAUGIS vicaire à La Chapelle Basse Mer, Auguste GERNIGANT professeur au séminaire des Couets prêtres originaires de cette paroisse et ma marraine Dame Antonie NAINTRE prop. de la Ville au Blanc. » Mr François MAINGUY étant curé et Mr Henri DELAHAYE maire de Vertou.« LAUDA IN NOCTE. IN PRINCIPIO VIGILIARUM » Jérémie Lamentations (2,19) (Crie dans la nuit. Au commencement des veilles) Fa

L’an de N.S. 1890 S.S. Léon XIII pape

« J’ai été bénite pour l’église de Vertou par Mgr Jules LECOQ évêque de Nantes et nommée HENRIETTE MARIE par mon parrain Mr Henri DELAHAYE maire de cette commune et par ma marraine Demoiselle Marie BOUVET prop. de la Sencive. » Mr François MAINGUY étant curé et Mr Henri DELAHAYE maire de Vertou. « COLLES CANTABUNT LAUDEM ET OMNIA LIGNA REGIONIS PLAUDENT » Isaïe (55-12) (Les collines chanteront la louange et tous les arbres de la campagne applaudiront) Mi bémol