mars 2026
Un mois de choix
Outre le fait qu’il soit tout entier inclus dans le Carême, qui est par excellence un temps propice pour choisir à nouveau Dieu, ce mois de mars 2026 va aussi être l’occasion d’un autre choix, en raison d’élections importantes pour chacun de nous : les municipales. Pour s’y préparer, il peut être bon de se rappeler que nous fêtions il y a quelques semaines le 60ème anniversaire d’un des textes majeurs du concile Vatican II : la constitution Gaudium et Spes.
Ce texte conciliaire cherche à exposer à tous les hommes la présence et l’action de l’Église dans le monde de ce temps. Pour cela, après avoir insisté sur trois fondements, toujours valables, de la personne humaine – sa dignité, sa vie en société, son activité –, il s’arrête sur quelques domaines dont l’actualité, elle aussi, n’est pas à démontrer : la famille, la culture, la vie économique, la vie politique, et les relations internationales. J’en retiens simplement deux idées.
La première concerne l’importance de l’engagement des chrétiens dans la vie politique. La constitution commence en effet ainsi : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » (Gaudium et Spes, n°1) Solidaires du genre humain, les chrétiens et les chrétiennes ne peuvent donc pas se détourner des réalités de ce monde. Bien au contraire, leur vocation les pousse à participer avec tous à la construction de leur cité, de leur région, de leur nation, de l’Europe, de la communauté des nations et de l’humanité entière, œuvrant pour l’unité de la famille humaine et pour la dignité de chacun de ses membres.
Tout en sachant que le politique n’est ni le tout, ni le terme de la vie humaine – puisque l’homme ne se réalise pleinement qu’en Dieu –, les chrétiens sont ainsi appelés à s’engager dans la vie politique. « Tous les chrétiens doivent prendre conscience du rôle particulier et propre qui leur revient dans la communauté politique : ils sont tenus à donner l’exemple en développant en eux le sens des responsabilités et du dévouement au bien commun. Ils montreront ainsi par les faits comment on peut harmoniser l’autorité avec la liberté, l’initiative personnelle avec la solidarité et les exigences de tout le corps social, les avantages de l’unité avec les diversités fécondes. » (Gaudium et Spes, n°75).
Dans cet engagement politique, la foi donne du sens, des repères, de l’espérance, et de la force, au service d’un humanisme intégral, centré sur le respect absolu de toute personne humaine, à commencer par les plus faibles. N’hésitons donc pas à servir le bien commun par notre investissement dans la vie politique, en nous rappelant toujours que « l’Église tient en grande considération et estime l’activité de ceux qui se consacrent au bien de la chose publique et en assurent les charges pour le service de tous. » (Gaudium et Spes, n°75)
La seconde idée est aussi simple qu’évidente, mais néanmoins bien importante : le concile parle du « droit et du devoir des citoyens d’user de leur libre suffrage, en vue du bien commun » (Gaudium et Spes, n°75). Nous est ainsi rappelée, s’il en était besoin, notre responsabilité de citoyens au moment de chaque élection. Bien sûr, il convient de se poser de vraies questions devant les programmes des candidats avant d’aller voter selon notre conscience mais, précisément, il nous est demandé d’aller voter, pour servir le bien commun.
Père Hubert Vallet

