janvier 2026

« Qu’est-ce que l’homme ? « 

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En ces jours où nous échangeons à bon droit des vœux qu’on peut espérer sincères, il semble indispensable de ne pas oublier le point commun entre qui les formule et qui les reçoit : ils sont membres l’un comme l’autre de la famille humaine. Mais qu’est-ce que l’homme ? Cette question doit nous laisser sans cesse éveillés, et peut-être nous rappeler cette magnifique phrase de Blaise Pascal : « L’homme passe infiniment l’homme. » Si Noël fut l’occasion de fêter la venue de Dieu dans notre humanité – ce qui élève la nature humaine au plus haut point –, chaque année nouvelle pourrait aussi nous aider à approfondir notre sens de l’homme, en réfléchissant à ce que nous voulons vraiment souhaiter à nos proches, à tous nos prochains : le bonheur, certes, mais quel bonheur ? Pour quelle humanité ?

 

L’actualité nous interroge à ce sujet. Par exemple, l’écoute récente, suggérée par des paroissiens, de deux conférences m’a laissé songeur.

 

L’une portait sur l’évolution d’une certaine jeunesse aux États-Unis et ailleurs dans le monde, suffisamment privée de perspectives pour s’attacher à des discours politiques moins rationnels que séducteurs, y compris par leur outrance : quand la raison cède le pas à l’émotion, le bonheur peut devenir vite une espèce de marchandise et le sens véritable de l’humain s’effrite.

 

L’autre traitait de l’évolution technologique accélérée qui nous a fait passer en quelques très courtes années de l’omniprésence d’internet à l’usage galopant d’outils surpuissants, capables de générer presqu’instantanément multitude de textes et d’images, qui se répandent aussi sur les « réseaux sociaux » comme traînée de poudre : le temps est court-circuité, la vérité est floutée, les plus fragiles sont hors-jeu ou asservis. Si les écrans sont un peu le miroir de nos âmes, quel reflet nous renvoient-ils ? Qui sommes-nous vraiment ? De simples consommateurs d’écrans ?

 

Dans notre pays même, où tant d’ouvrages restent hélas en chantier, et où tant de pauvretés nous réclament, comment ne pas se méfier d’une certaine précipitation à vouloir encore et toujours remettre sur le métier du législateur des projets de loi qui, bien loin de faire consensus, visent à détricoter une loi Leonetti encore si mal appliquée ! Plutôt accompagner dans la dignité la vie humaine jusqu’à la mort, qui nous concerne tous, que d’en décider le terme, au nom de paramètres si discutables.

 

En définitive, pour que chaque décision (politique, technique, médicale…) nous fasse grandir ainsi que notre prochain, pour que chaque vœu de nouvel an vise au bonheur humain intégral, nous avons d’abord besoin de nous émerveiller devant la personne humaine, au lieu de nous en faire le maître ou le bourreau. Le Psaume 8 nous en fournit une motivation inégalée, lorsqu’il s’adresse au Seigneur en lui disant : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu. » Alignons nos pensées sur celles de Dieu, reconnaissons que l’homme est destiné tout entier à la vie éternelle, et n’hésitons pas à formuler des vœux à cette hauteur.

 

Sainte, donc heureuse année à chacun !

Père Hubert Vallet